Quel est le lien entre la santé rénale et la santé cardiaque dans le cas du diabète ?

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Un homme de 56 ans originaire de Bihar s’est rendu dans notre hôpital et nous a dit que son médecin lui avait dit que tous ses rapports étaient bons. Son taux de créatinine était de 1,52 mg/dL (limite supérieure de 1,4 mg/dL), ce qui est légèrement inférieur (“presque normal”). J’ai calculé l’état exact de la fonction rénale (DFGe, analysé à partir de la formule) et lui ai dit de faire attention car sa fonction rénale avait déjà diminué de 25 %. La sous-estimation ou l’ignorance des lésions rénales est fréquente chez les patients et même chez certains médecins.

Une autre idée fausse courante est que les dommages aux reins sont causés par les médicaments contre le diabète. Une femme de 62 ans s’est plainte à moi : “La metformine, le médicament que vous m’avez donné, a endommagé mes reins.” Un autre patient d’Agra m’a dit : ” Si vous me donnez de la dapagliflozine, elle va sécréter du sucre dans mon urine et je vais bientôt avoir des lésions rénales et un cancer. ” Les deux ont tort. Ces deux médicaments, surtout le dernier, protègent les reins. Ce n’est que lorsque les reins sont modérément endommagés que la metformine doit être arrêtée en raison d’autres effets secondaires.

L’insuffisance rénale n’est pas une conséquence isolée du diabète. Elle est étroitement liée aux maladies cardiaques. Même une faible augmentation de l’albumine dans l’urine (“microalbuminurie”) multiplie le risque d’infarctus. Par conséquent, même une petite lésion rénale doit être traitée immédiatement. Il existe plusieurs façons de procéder.

Tout d’abord, le contrôle de la glycémie doit être bon, pas seulement pendant une courte période, mais de façon constante pendant une longue période. L’hyperglycémie n’endommage pas les reins du jour au lendemain, mais elle les sécrète lentement. Pour y parvenir, les patients doivent se concentrer sur le mode de vie, l’exercice physique et la prise régulière de médicaments. Certains médicaments contre le diabète protègent mieux les reins que d’autres. Des études à long terme ont montré que les inhibiteurs du SGLT2 (canagliflozine, dapagliflozine et empagliflozine) réparent les lésions rénales et réduisent le besoin de dialyse. Ces médicaments deviennent absolument nécessaires pour les personnes souffrant d’une maladie rénale certaine.

Deuxièmement, la pression artérielle doit être bien contrôlée. Parmi les nombreux médicaments antihypertenseurs disponibles aujourd’hui, les inhibiteurs de l’ECA/BRA (ramipril, losartan, etc.) sont les meilleurs si les reins sont endommagés et excrètent des protéines. Sur une longue période, ces médicaments réduisent les protéines dans l’urine et atténuent les dysfonctionnements rénaux.

Troisièmement, le cholestérol sanguin et les triglycérides (une autre forme de graisse dans le sang) doivent être réduits de manière drastique. Ces graisses sanguines provoquent des caillots qui peuvent affecter le cœur et les reins, réduisant le flux sanguin vers ces organes vitaux. Les médicaments qui peuvent faire ce travail sont appelés statines (par exemple, l’atorvastatine), qui sont essentielles pour tous les diabétiques.

Le régime alimentaire et l’exercice physique sont très importants. L’excès de protéines endommage les reins. Les patients ne doivent à aucun moment suivre un régime trop pauvre en protéines, car cela réduit les taux de protéines sanguines déjà faibles dans l’organisme et augmente la faiblesse musculaire et osseuse. Par conséquent, l’apport en protéines doit être formulé avec soin et différencié pour chaque patient, en collaboration avec un nutritionniste.

Il existe de nombreux autres facteurs qui endommagent les reins et certains d’entre eux sont particulièrement répandus en Inde. L’utilisation de médecines alternatives (certaines contiennent des métaux lourds qui endommagent gravement les reins), les infections, la gastro-entérite, la chaleur extrême, l’abus d’analgésiques, la consommation excessive d’alcool et un taux élevé d’acide urique doivent être évités/traités à tout prix. Tous les patients obèses doivent perdre du poids pour améliorer la fonction rénale.

Les reins des patients diabétiques nécessitent des soins particuliers. Une fois blessé, la réparation est possible. Le test d’urine “microalbuminurie”, qui devrait être effectué chaque année pour chaque patient diabétique, constitue un signe avant-coureur d’une insuffisance rénale grave. La présence de cette petite quantité de protéines dans les urines doit déclencher un régime personnalisé, de l’exercice, une perte de poids, un contrôle strict de la glycémie, de la tension artérielle et des lipides, ainsi que l’utilisation de médicaments favorisant la fonction rénale.